L'association
Entretien avec Monsieur Evans Kokroko, Président de GAFT et Directeur de Francozone, 17 mai 2010

Environnement linguistique
La politique linguistique
Durant les premières années d’indépendance, le président Nkrumah avait tenté de mettre en place une politique destinée à valoriser l'akan, la langue la plus répandue. Il pensait que l'akan pouvait remplir le rôle de lingua franca. Cependant, l'imposer comme langue officielle risquait de provoquer des tensions inter ethniques. Pour éviter les conflits, le gouvernement de Nkrumah a décidé d'abandonner ce projet. Puis, en raison de l'instabilité politique qui a régné pendant trente ans au Ghana, la politique linguistique a été reléguée au second plan. Aujourd'hui, le pays compte plus de 70 langues sur son territoire. L'anglais est la seule langue officielle.
Depuis 1987, le gouvernement a engagé une réforme éducative destinée à placer la culture ghanéenne au cœur des enseignements. Pendant les trois premières années du primaire, l'enseignement est dispensé dans la langue locale et l'anglais est une des matières étudiées. À partir de la quatrième année, les « matières de base » sont enseignées dans la langue ghanéenne majoritaire dans la zone géographique. Les autres matières sont enseignées en anglais. Les autorités espèrent ainsi préserver la diversité de l'héritage culturel ghanéen grâce à sa transmission aux nouvelles générations. Cependant, les élites ghanéennes s'opposent à ces nouvelles orientations. De ce fait, la plupart des écoles privées proposent un enseignement en anglais et en français et les langues ghanéennes n'y sont pas employées.
Les langues vernaculaires
Les langues vernaculaires ne sont pas utilisées par les autorités et les médias nationaux. Pourtant, elles sont au centre des échanges quotidiens entre Ghanéens. En effet, les enfants grandissent dans une société plurilingue, alternant souvent entre 3 langues : leur langue maternelle, la langue de socialisation de la zone géographique et l'anglais.
Écoutez une chanson en ahanta
Les langues véhiculaires
Le Ghana compte 9 langues véhiculaires, reconnues langues nationales dans la constitution : l'akan, le dagaare (wale), le dabagne, le dangme, l'ewe, le ga, le ganja,le kasem et le nzema. Ces langues connaissent des variations selon les régions, mais elles permettent des échanges entre les différents groupes culturels. L'akan, serait la langue maternelle de 37 % de la population et serait parlée par plus de 50% de la population. On l'utilise dans les grands commerces et les offices religieux dans la plupart des régions. Les langues véhiculaires sont enseignées à l'école et sont utilisées dans les médias aux côtés de l'anglais. Au sein de la communauté musulmane du pays, c'est la langue haoussa qui fait office de lingua franca.
Écoutez l'akan (twi), l'ewe, le ga, le dagaare, le dagbani
L'anglais
L'anglais est la langue du pouvoir. En effet, la constitution exige que les membres du parlement maitrisent cette langue. Si l'anglais est enseigné dans tous les établissements scolaires privés et publics, il est parlé par seulement un million de Ghanéens.
L'arabe
L'arabe occupe une place importante dans le pays en raison de la présence d'une forte communauté musulmane, environ un quart de la population. Particulièrement présente au nord du pays, certaines écoles y proposent un enseignement bilingue anglais-arabe. Actuellement confrontées à d'importantes difficultés financières, la plupart de ces écoles risquent de fermer, ce qui inquiète la communauté musulmane ghanéenne.
Situation du français dans le pays
La langue française connait un essor important ces dernières années au Ghana tant pour des raisons économiques que géopolitiques. En effet, le pays est entouré de trois pays francophones : la Côte d'Ivoire, le Burkina Fasso et le Togo. Le français étant la "langue du voisin", le développement du nombre de locuteurs de français permettrait de favoriser la communication avec ces états et de développer les échanges.
Notes
Environnement culturel
1. Fêtes et traditions
2. Artisanat
3. Musique
4. Cinéma

Les différentes ethnies du Ghana partagent des valeurs communes : respect des anciens, grande importance de la famille et vie quotidienne marquée par des rituels et des fêtes. Les fêtes y sont rythmées par des danses et des chants. Les Ghanéens fêtent l'indépendance de leur pays le 6 mars et célèbreront son 56e anniversaire en 2012.
Regardez un défilé pour la journée de l'indépendance
Le festival des rois, Akwasaedi
Le festival des rois, Akwasaedi, se déroule le quarantième jour de l’année. "Ce festival met en scène les traditions, les mythes et les légendes du peuple et commémore aussi le temps du souvenir pour remercier les déités, les divinités et les ancêtres du peuple".
Regardez le festival des rois à Kumasi, dans la région Ashanti
La fête des récoltes, Homowo
Homowo signifie "se moquer de la faim". Cette fête des récoltes commence au mois de mai avec les semailles de millet. Il est ensuite interdit de jouer des percussions durant 30 jours. Le jour du festival, la musique peut à nouveau retentir dans la région. Cette tradition est un hommage aux périodes de famine qu’ont connues les Ga, un groupe ethnique d'Afrique de l'Ouest, lors de leur migration vers Accra.
Regardez la fête des récoltes à Accra en 2009
Le festival Aboakyer

Lors du festival Aboakyer, les Efutus, ethnie du Ghana de la région de Simpa et de Winneba, commémorent la mémoire de leur peuple. Ils offrent un sacrifice pour leurs récoltes au dieu Otu, dieu de l'ancien empire du Soudan occidental, terre de leurs ancêtres. Les festivités se déroulent au mois de mai ; elles sont accompagnées de chants qui racontent l'histoire et les mythes efutu.
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Le tissu kente est une particularité ghanéenne. Il est caractérisé par ses couleurs vives et ses motifs. C'est l'un des symboles de la puissance des chefs des ethnies du sud et du centre du pays, particulièrement chez les Akans.
Regardez le tissage d'un kente
Le Ghana offre une grande variété de musiques traditionnelles jouées par les différentes ethnies du pays. Ces musiques ont le plus souvent une fonction spirituelle ou sociale. Au nord du pays, l’influence du Soudan et du Sahel a donné naissance à des rythmes marqués par les instruments à cordes tandis qu’au sud ils sont davantage caractérisés par les tambours.
Quelques instruments traditionnels
Le tama est l'un des plus anciens instruments des griots en Afrique de l’ouest. Il produit une grande gamme de sons différents. On le surnomme parfois « tambour parlant ».
Écoutez un morceau de tambour parlant, tama
Le xhalam (khalam), une variété de luth qui possède de 1 à 5 cordes, est utilisé par les griots. Formé d'une caisse en bois recouverte de peau de chèvre ou de bœuf, cet instrument est aussi joué en Gambie, au Sénégal, au Niger, au Mali, au Nigéria, au Burkina Faso et dans le Sahara occidental. Présenté parfois comme un ancêtre du banjo américain, le xhalam remonterait à l'Antiquité.
Écoutez un morceau de xalam

La cloche, agogo, est un instrument de l'ethnie ewé, très souvent utilisée dans les ensembles musicaux aux côtés des tambours. Le joueur d'agogo utilise une baguette pour frapper les cloches ou les entrechoque. Cet instrument accompagne aussi les batucadas au Brésil.
Écoutez un morceau d’agogo
La Highlife
La Highlife est un mouvement musical associé aux premières années de l’indépendance. Il a connu ses années de gloire de 1950 à 1970. C'est une musique qui mélange des rythmes africains à des chansons de marins et à des chants religieux européens.
Écoutez un morceau d'Highlife
La Hiplife
Dernière arrivée sur la scène musicale ghanéenne, la Hiplife apparait dans les années 90 avec Reggie Rockstone. Très populaire, elle commence à faire de l'ombre à la Highlife. Influencée par les rythmes hip hop venus de New-York, elle est très écoutée par la jeunesse. Elle a fait l’objet d’un documentaire sur Arte, une chaine télévisuelle franco-allemande.
Écoutez un morceau d’Hiplife
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4. Cinéma
Il y a peu de salles de cinéma au Ghana et toutes sont dans les grandes agglomérations du pays. Afin que les populations des campagnes puissent voir des films ; des vidéoclubs proposent depuis des années des séances de cinéma en plein air. Ils annoncent le passage du cinéma itinérant avec des affiches, peintes par des artistes locaux, qu'ils accrochent dans les bourgades. Cependant, cette pratique tend à disparaitre de nos jours.
Dans les années 80, le réalisateur Kwah Ansah, réalise un premier long métrage , "Love brewed in the African Pot". En 1998, il obtient un franc succès avec "Heritage Africa" qui raconte le début du combat pour l'indépendance au Ghana.
Depuis quelques années, plusieurs festivals de cinéma se déroulent au Ghana : le Festival d'animation, le Festival du film sur l'environnement et le Festival du film documentaire. L'Ambassade de France s'est jointe à la présentation de la 6e édition du Festival du film documentaire du 1er au 6 juin 2010.
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