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L'Association ghanéenne des professeurs de français

L'association

Entretien avec Monsieur Evans Kokroko, Président de GAFT et Directeur de Francozone, 17 mai 2010

Pourriez-vous nous présenter votre association ?
Notre association existe depuis 1958 ; c’est l’une des premières associations de professeurs de français fondées en Afrique. Nous réalisons de nombreuses actions en faveur de la francophonie. Nos actions bénéficient du soutien des autorités ghanéennes qui souhaitent développer l’enseignement du français.
 
Quels sont vos engagements envers les membres de votre association ?
Notre association regroupe à ce jour environ 600 membres, mais il y a 4 900 professeurs de français sur notre territoire. Notre statut d’association nous permet d’être porte-parole des besoins des enseignants auprès du gouvernement. Nous espérons ainsi améliorer leurs conditions de travail, particulièrement dans les écoles privées. Nous nous engageons aussi dans des projets visant à favoriser la formation continue des enseignants.
 
Quelles sont vos principales actions ?
Nous avons mis en place une cellule de formation au sein de l’association. Elle propose des formations dispensées par des enseignants qui ont eu l’opportunité d’enseigner à l’étranger. Ces derniers peuvent ainsi partager leurs expériences et leurs observations des pratiques pédagogiques menées dans d’autres pays. Depuis 2 ans, nous avons engagé une politique de formation des professeurs de français sur les méthodes de FLE : 2 400 enseignants ont pu déjà en bénéficier. Nous avons aussi participé à la réalisation d'un dispositif multimédia avec RFI. Ce dispositif est destiné à la sensibilisation au français. Enfin, nous développons une formation aux outils TICE. En juin 2010, nous avons lancé une "campagne" de sensibilisation à l’enseignement du français professionnel.
 
Les médias de l’association
Le site internet de la GAFT et la revue annuelle  "Infoprofs".


Environnement linguistique

La politique linguistique

Durant les premières années d’indépendance, le président Nkrumah avait tenté de mettre en place une politique destinée à valoriser l'akan, la langue la plus répandue. Il pensait que l'akan pouvait remplir le rôle de lingua franca. Cependant, l'imposer comme langue officielle risquait de provoquer des tensions inter ethniques. Pour éviter les conflits, le gouvernement de Nkrumah a décidé d'abandonner ce projet. Puis, en raison de l'instabilité politique qui a régné pendant trente ans au Ghana, la politique linguistique a été reléguée au second plan. Aujourd'hui, le pays compte plus de 70 langues sur son territoire. L'anglais est la seule langue officielle.

Depuis 1987, le gouvernement a engagé une réforme éducative destinée à placer la culture ghanéenne au cœur des enseignements. Pendant les trois premières années du primaire, l'enseignement est dispensé dans la langue locale et l'anglais est une des matières étudiées. À partir de la quatrième année, les « matières de base » sont enseignées dans la langue ghanéenne majoritaire dans la zone géographique. Les autres matières sont enseignées en anglais. Les autorités espèrent ainsi préserver la diversité de l'héritage culturel ghanéen grâce à sa transmission aux nouvelles générations. Cependant, les élites ghanéennes s'opposent à ces nouvelles orientations. De ce fait, la plupart des écoles privées proposent un enseignement en anglais et en français et les langues ghanéennes n'y sont pas employées.

Les langues vernaculaires
Les langues vernaculaires ne sont pas utilisées par les autorités et les médias nationaux. Pourtant, elles sont au centre des échanges quotidiens entre Ghanéens. En effet, les enfants grandissent dans une société plurilingue,  alternant souvent entre 3 langues : leur langue maternelle, la langue de socialisation de la zone géographique et l'anglais.

Écoutez une chanson en ahanta

Les langues véhiculaires
Le Ghana compte 9 langues véhiculaires, reconnues langues nationales dans la constitution : l'akan, le dagaare (wale), le dabagne, le dangme, l'ewe, le ga, le ganja,le kasem et le nzema. Ces langues connaissent des variations selon les régions, mais elles permettent des échanges entre les différents groupes culturels. L'akan, serait la langue maternelle de 37 % de la population et serait parlée par plus de 50% de la population. On l'utilise dans les grands commerces et les offices religieux dans la plupart des régions. Les langues véhiculaires sont enseignées à l'école et sont utilisées dans les médias aux côtés de l'anglais. Au sein de la communauté musulmane du pays, c'est la langue haoussa qui fait office de lingua franca.

Écoutez l'akan (twi), l'ewe, le ga, le dagaare, le dagbani

L'anglais
L'anglais est la langue du pouvoir. En effet, la constitution exige que les membres du parlement maitrisent cette langue. Si l'anglais est enseigné dans tous les établissements scolaires privés et publics, il est parlé par seulement un million de Ghanéens.

L'arabe
L'arabe occupe une place importante dans le pays en raison de la présence d'une forte communauté musulmane, environ un quart de la population. Particulièrement présente au nord du pays, certaines écoles y proposent un enseignement bilingue anglais-arabe. Actuellement confrontées à d'importantes difficultés financières, la plupart de ces écoles risquent de fermer, ce qui inquiète la communauté musulmane ghanéenne.

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Situation du français dans le pays

La langue française connait un essor important ces dernières années au Ghana tant pour des raisons économiques que géopolitiques. En effet, le pays est entouré de trois pays francophones : la Côte d'Ivoire, le Burkina Fasso et le Togo. Le français étant la "langue du voisin", le développement du nombre de locuteurs de français permettrait de favoriser la communication avec ces états et de développer les échanges. 

De plus, le français est aussi vecteur de mobilité professionnelle sur le continent africain. Selon Thomas Tsiggfrey, la langue française "s'impose progressivement comme un outil de communication régional et international."1
En 2006, le Ghana est devenu membre associé de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et a adopté un plan d'action dédié à la promotion et au développement du français sur son territoire. Ce plan est mis en place dans le cadre des actions contre la pauvreté.
 
1. Enseignement du français 
 
Le taux de scolarisation reste encore faible : seulement 53 % des 13-17 ans sont scolarisés. Un grand nombre de ces élèves sont scolarisés dans les établissements techniques où l'enseignement est uniquement dispensé en anglais1. Cependant, l'enseignement du français dans les établissements du secondaire est en hausse : de 383 875 élèves en 2 001 à 850 221 en 2008. Cette nette augmentation est le fruit d'une véritable volonté des autorités ghanéennes qui souhaitent "développer des relations durables avec les pays de la zone francophone".2 Ainsi, depuis 2002, l'apprentissage du français est devenu obligatoire au collège.3 Actuellement, l'enseignement se fait uniquement en anglais à l'université mais une des universités ghanéennes projette de créer un cursus universitaire anglais/français dans les années à venir.
 
Afin de soutenir la formation des professeurs de français au Ghana, l'Ambassade de France du Ghana a créé un projet pilote en partenariat avec le CIEP en 2004. Les objectifs de cette formation étaient de former les professeurs au français sur objectifs spécifiques (FOS) et de leur permettre d'avoir "une meilleure connaissance du monde professionnel de leur public cible."4 En effet, l'enseignement du FOS est une des priorités des différentes instances qui s'intéressent à l'enseignement du français, dans le secteur associatif, public ou privé, au Ghana.
 
  2. Présence de la culture francophone
 
Depuis les élections de 1996, la stabilité politique du Ghana a favorisé le développement des liens entre le Ghana et la communauté internationale. Ainsi, la France a multiplié les échanges avec le Ghana au cours de ces dernières années. En 2006, elle a établi un cadre de partenariat où elle s'engage à soutenir le Ghana dans sa lutte contre la pauvreté. Trois grands axes d'actions communes sont proposés pour l’enseignement du français : développer la formation des professeurs, répondre à la demande des entreprises (FOS) et soutenir le français dans les universités. L'implication de la France et l'augmentation de sa représentativité sur le territoire ghanéen participent de l'évolution positive de l'enseignement du français au Ghana.

Notes
 

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Environnement culturel

Sommaire

1. Fêtes et traditions
2. Artisanat

3. Musique
4. Cinéma

1. Fêtes et traditions

 

Les différentes ethnies du Ghana partagent des valeurs communes : respect des anciens, grande importance de la famille et vie quotidienne marquée par des rituels et des fêtes. Les fêtes y sont rythmées par des danses et des chants. Les Ghanéens fêtent l'indépendance de leur pays le 6 mars et célèbreront son 56e anniversaire en  2012.

Regardez
un défilé pour la journée de l'indépendance

Le festival des rois, Akwasaedi
Le festival des rois, Akwasaedi, se déroule le quarantième jour de l’année. "Ce festival met en scène les traditions, les mythes et les légendes du peuple et commémore aussi le temps du souvenir pour remercier les déités, les divinités et les ancêtres du peuple".

Regardez
le festival des rois à Kumasi, dans la région Ashant
i


La fête des récoltes,  Homowo

Homowo signifie "se moquer de la faim". Cette fête des récoltes commence au mois de mai avec les semailles de millet. Il est ensuite interdit de jouer des percussions durant 30 jours. Le jour du festival, la musique peut à nouveau retentir dans la région. Cette tradition est un hommage aux périodes de famine qu’ont connues les Ga, un groupe ethnique d'Afrique de l'Ouest, lors de leur migration vers Accra.

Regardez la fête des récoltes à Accra en 2009

Le festival Aboakyer


Lors du festival Aboakyer, les Efutus, ethnie du Ghana de la région de Simpa et de Winneba, commémorent la mémoire de leur peuple. Ils offrent un sacrifice pour leurs récoltes au dieu Otu, dieu de l'ancien empire du Soudan occidental, terre de leurs ancêtres. Les festivités se déroulent au mois de mai ; elles sont accompagnées de chants qui racontent l'histoire et les mythes efutu.

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2. Artisanat

Le tissu kente est une particularité ghanéenne. Il est caractérisé par ses couleurs vives et ses motifs. C'est l'un des symboles de la puissance des chefs des ethnies du sud et du centre du pays, particulièrement chez les Akans.

Regardez le tissage d'un kente

3. Musique

Le Ghana offre une grande variété de musiques traditionnelles jouées par les différentes ethnies du pays. Ces musiques ont le plus souvent une fonction spirituelle ou sociale. Au nord du pays, l’influence du Soudan et du Sahel a donné naissance à des rythmes marqués par les instruments à cordes tandis qu’au sud ils sont davantage caractérisés par les tambours.

Quelques instruments traditionnels
Le tama est l'un des plus anciens instruments des griots en Afrique de l’ouest. Il produit une grande gamme de sons différents. On le surnomme parfois « tambour parlant ».   

Écoutez un morceau de tambour parlant, tama

Le xhalam (khalam), une variété de luth qui possède de 1 à 5 cordes, est utilisé par les griots. Formé d'une caisse en bois recouverte de peau de chèvre ou de bœuf, cet instrument est aussi joué en Gambie, au Sénégal, au Niger, au Mali, au Nigéria, au Burkina Faso et dans le Sahara occidental. Présenté parfois comme un ancêtre du banjo américain, le xhalam remonterait à l'Antiquité.

Écoutez un morceau de xalam     

                             

La cloche, agogo, est un instrument de l'ethnie ewé, très souvent utilisée dans les ensembles musicaux aux côtés des tambours. Le joueur d'agogo utilise une baguette pour frapper les cloches ou les entrechoque. Cet instrument accompagne aussi les batucadas au Brésil.

Écoutez un morceau d’agogo


 

La Highlife
La Highlife est un mouvement musical associé aux premières années de l’indépendance. Il a connu ses années de gloire de 1950 à 1970. C'est une musique qui mélange des rythmes africains à des chansons de marins et à des chants religieux européens.

Écoutez un morceau d'Highlife


La Hiplife
Dernière arrivée sur la scène musicale ghanéenne, la Hiplife apparait dans les années 90 avec Reggie Rockstone.  Très populaire, elle commence à faire de l'ombre à la Highlife. Influencée par les rythmes hip hop venus de New-York, elle est très écoutée par la jeunesse. Elle a fait l’objet d’un documentaire sur Arte, une chaine télévisuelle franco-allemande.

Écoutez un morceau d’Hiplife

 

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4. Cinéma

Il y a peu de salles de cinéma au Ghana et toutes sont dans les grandes agglomérations du pays. Afin que les populations des campagnes puissent voir des films ; des vidéoclubs proposent depuis des années des séances de cinéma en plein air. Ils annoncent le passage du cinéma itinérant avec des affiches, peintes par des artistes locaux, qu'ils accrochent dans les bourgades. Cependant, cette pratique tend à disparaitre de nos jours.

Dans les années 80, le réalisateur Kwah Ansah, réalise un premier long métrage , "Love brewed in the African Pot". En 1998, il obtient un franc succès avec "Heritage Africa" qui raconte le début du combat pour l'indépendance au Ghana.
Depuis quelques années, plusieurs festivals de cinéma se déroulent au Ghana : le Festival d'animation, le Festival du film sur l'environnement et le Festival du film documentaire. L'Ambassade de France s'est jointe à la présentation de la 6e édition du Festival du film documentaire du 1er au 6 juin 2010.

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